Le Yi King

Le Yijing, ou Livre des mutations, est l’un des plus anciens textes chinois. Il ne prédit pas : il décrit une situation en mouvement.
La structure
Tout part de deux traits : le plein (yang) et le brisé (yin).
Trois traits superposés forment un trigramme. Il en existe huit, qui composent le bagua : Ciel, Terre, Tonnerre, Eau, Montagne, Vent, Feu, Lac.
Deux trigrammes superposés forment un hexagramme de six traits. Huit fois huit donne les soixante-quatre figures du livre.
Les traits mutants
C’est le cœur du système, et ce que les présentations rapides omettent.
Certains traits obtenus au tirage sont dits mutants : ils se transforment en leur contraire, produisant un second hexagramme.
La lecture ne porte alors ni sur le premier ni sur le second, mais sur le passage de l’un à l’autre. D’où le nom du livre.
Les méthodes de tirage
Les tiges d’achillée, méthode traditionnelle. Cinquante tiges manipulées selon un protocole précis, répété six fois. Comptez une vingtaine de minutes.
Les trois pièces, méthode courante. On lance trois pièces six fois de suite ; la combinaison de faces donne chaque trait et indique s’il est mutant.
Les deux méthodes ne donnent pas exactement les mêmes probabilités d’obtenir un trait mutant — c’est un point débattu entre praticiens.
Le repère d’Esmée : commencez par les trois pièces, et notez systématiquement les deux hexagrammes obtenus. Beaucoup de débutants ne retiennent que le premier et passent à côté de l’essentiel : le mouvement entre les deux.
Le texte
Le noyau, dit Zhouyi, remonte au premier millénaire avant notre ère. S’y ajoutent des commentaires plus tardifs, les « Dix Ailes », traditionnellement attribués à l’école de Confucius.
Le livre a longtemps été lu comme un traité de sagesse autant que comme un manuel divinatoire.
Voyez les tarots et oracles, le feng shui — dont le bagua vient directement des huit trigrammes —, la médecine chinoise et les runes, autre système à tirage non cartomésien.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il d’hexagrammes ?
Soixante-quatre, obtenus en superposant deux trigrammes parmi huit. Chaque hexagramme compte six traits, pleins ou brisés.
Qu’est-ce qu’un trait mutant ?
Un trait qui se transforme en son contraire, produisant un second hexagramme. La lecture porte sur le passage de l’un à l’autre, d’où le nom de Livre des mutations.
Comment tire-t-on un hexagramme ?
Par les tiges d’achillée, méthode traditionnelle en une vingtaine de minutes, ou par trois pièces lancées six fois — la méthode la plus courante aujourd’hui.